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samedi 28 juillet 2012

Averse

Le ciel se libère de ses émotions acides
En ouvrant la vanne très brutalement
Tu m'as surprise sous ce déluge dément
Me protégeant vainement de ce flot liquide

Ton regard brûlant m'a lentement déshabillée
Dans la moiteur humide de la nuit tombante
Rendant inutile la chemise devenue transparente
Est-ce le froid ? Je me suis mise à trembler

Tes mains se sont posées sur cette nudité révélée
Tes lèvres se sont approchées en une caresse prolongée
Un long frisson m'a parcourue, le temps s'est arrêté

Sans un mot, dans le silence arrêté de l'infini
En une ultime tempête, nos corps se sont unis
Baignant dans la rosée au sortir de la nuit

vendredi 27 juillet 2012

Soie sauvage

Caresser la soie d'un chat sauvage
Dégrafer lentement le corsage
Effleurer la peau qui s'offre au massage
Voler le sucre à la barbe d'un nuage
Déguster les bulles du divin breuvage
Sombrer avant d'atteindre le rivage

dimanche 8 juillet 2012

Silhouette

Une femme en caraco rouge jouait du violoncelle
La lumière du soir lui donnait un air de sylphide irréelle
Elle maniait l'archet délicatement, perdue dans ses pensées
Je l'observais, égaré dans sa musique, son étrange mélopée

Le contact était étroit entre cette femme et son instrument
Un contact irrationnel et fusionnel, un toucher passionné et ardent
Les cuisses serrées sur le bois, le plaisir résonnait dans la musique
Et rejoignait les notes du haut-bois entre les colonnes doriques

Ses doigts fins pinçaient les cordes langoureusement
Je la voyais se donner entière, voluptueusement
Un désir orageux montait en moi, irrésistiblement

Je me glissai dans son dos, baisant son cou délicat
Mes doigts soulevèrent le doux et léger taffetas
L'archet vibra, tomba et la musique s'arrêta...

dimanche 24 juin 2012

Double nectar

Nue, tu te promènes dans le gris saloN
Entraînant dans ton doux et mielleux sillagE
Cette odeur si étrange de fenugreC
Tourmentant mon immarcescible appétiT
Affriandé par tes airs de blanche geishA
Requérant une coupe sur un air rêveuR

jeudi 21 juin 2012

Forêt des songes

Nos mains espèrent, se cherchent et se joignent.
Contact léger de nos dix doigts.
Juste de quoi mettre les sens en émoi.

Une araignée chemine, se fige, puis passe.

Nos yeux se cherchent, s'attirent et se joignent.
Fusion de quatre lumineux rayons.
Nul besoin d'un ardent tison.

Un héron se déploie, s'immobilise, puis passe.

Nos lèvres glissent, se frôlent et se joignent.
Douceur chaude en divine gourmandise.
Suavité frissonnante d'une rare mignardise.

Un canard trottine, s'arrête et passe.

Nos corps se bousculent, se collent et se joignent.
Ardeur d'un désir non dissimulé.
Attente d'un plaisir à consommer.

Un faon bondit, hésite, puis passe.

Nos âmes s'épient, se dévisagent et se joignent.
Communion intense et sensorielle.
Union extrême bien que pulsionnelle.

Un ange passe...

lundi 11 juin 2012

Violoncelle





Débarrasse-moi de mon étui
Ne me laisse pas dans la nuit
Ôte-moi vite mes habits.

Serre ma taille de tes bras
Prépare un enchanteur opéra
Fais-moi place sous tes draps.

Pince mes cordes en pizzicato
Ne ralentis surtout pas le tempo
Fais lentement monter le vibrato.

Sors ton agile et habile archet
Délie bien le mouvement du poignet
Réjouis-moi d'un air de polka et non de menuet.

Fais de moi ton ardent violoncelle
Que mon cri t'emporte et t'ensorcelle
Emmène-moi vers le neuvième ciel.


Crédit-photo: MLSPhotos

jeudi 10 mai 2012

Le point

Il est de ces signes de ponctuation
Qui vous font perdre la raison.
Le point est un de ceux-là,
Capable de mettre nos sens en émoi.

Final, il pousse au désespoir émotionnel.
Surmonté d'une barre, il est impératif, mais non impersonnel.
Surmonté d'un six inversé, voire d'un neuf,
L'interrogation vous prend à travers l'oeil de bœuf.

Unique pour un plaisir solitaire,
Il ne flatte pas l'imaginaire.
À deux , il devient introductif,
Mais du futur n'est pas prédicatif.

Deux points lentement cherchent le contact
Furtif ou prolongé, mais non sans impact.
Entre ces deux points, le désir grandit.
Dans cet espace, le plaisir étourdit.

Et quand le contact est mis à nu,
Le temps est divinement suspendu.
L'horloge s'arrête sur trois petits points de sel.
Trois grains de beauté d'un plaisir intemporel.

...

samedi 17 mars 2012

Fusion

J'ai accroché ton regard dans le noir
Tes yeux phosphorent à la tombée du soir
Un frôlement et tu me suis sur les ondes
Ton micro a perdu sa faconde

Contact furtif mais révélateur
Ton index enclenche l'interrupteur
La masse critique est rapidement atteinte
Le circuit primaire se charge d'absinthe

Les effets secondaires sont immédiats
Le rythme cardiaque s'accélère sous les cattleyas
La pression artérielle augmente brutalement
La chaleur fait perler ta peau doucement

La réaction s'emballe et se précipite
Il n'y a pas de modération sans graphite
Mon plaisir répond à ton désir de succion
Ton souffle est au bord de l'explosion

Je me sens fondre et me répandre
Vais-je renaître de tes cendres ?
L'air se charge d'ions délétères
Allons-nous vers l'accident sévère ?

Au cœur de cette bombe atomique
Je meurs sous les lois de la physique
Tu me caresses et me touches
Je fais tapis et me couche

Le paroxysme est atteint
Dans ce climat méditerranéen
Point de fission, mais fusion totale
Dans les rayons du soleil matinal.